Commémoration de la Victoire du 8 mai 1945

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Message de Madame Karine Traval-Michelet, Maire de Colomiers et Vice-Présidente de Toulouse Métropole

Catégorie(s) : Événement institutionnel

Commémoration de la Victoire du 8 mai 1945
Samedi 8 mai 2021
Monument aux morts, place de l’Eglise, 12h

Message de Madame Karine TRAVAL-MICHELET
Maire de Colomiers
Vice-Présidente de Toulouse Métropole

  • 11h30 – Monument édifié à la gloire des combattants 14-18 – Place du Souvenir Français
  • 12h - Monument aux morts de toutes les guerres – place de l’Eglise

"Le 8 mai est traditionnellement une date importante de commémoration à Colomiers. Chaque année, nous avons l’habitude de nous retrouver, en fin de matinée, sur la Place du Souvenir Français pour honorer la mémoire de nos disparus de la Grande Guerre. Puis, ici, au Monument aux Morts de toutes les guerres pour célébrer la libération de l’Europe du joug de l’occupant nazi et de ses forces supplétives. 
Les représentants de l’Education nationale, du Commissariat de la Police nationale de Colomiers, du Peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie nationale, des membres du Service Départemental d’Incendie et de Secours, nos agents du service municipal de Tranquillité Publique et de la Police Municipale sont habituellement à nos côtés pour cette cérémonie.

Cette année encore, cette célébration prend une forme singulière en raison du contexte sanitaire  et des mesures de prudence que nous devons respecter.
Cependant j’ai tenu à m’adresser à vous, en petit comité, non pas par un message écrit, mais par cette allocution, suite aux levées progressives des restrictions qui nous étaient imposées, en espérant une embellie durable dans les mois qui suivent. 

Je salue :
Monsieur Étienne GUYOT, Préfet de la région Occitanie, Préfet de la Haute-Garonne,
Madame Carole DELGA, Présidente de la Région Occitanie-Pyrénées Méditerranée, représentée par M. Philippe BRIANCON, Conseiller Régional,
Monsieur Georges MERIC, Président du Conseil Départemental de Haute-Garonne, représenté par Monsieur Arnaud SIMION, Vice-Président et Mme Camille POUPONNEAU, Conseillère Départementale,
Nos cher(e)s représentantes et représentants du Conseil Municipal des Jeunes qui sont fidèlement chaque année à nos côtés,
Messieurs les Anciens combattants de Colomiers ACAC,
Messieurs les Anciens combattants de la FNACA, 
Messieurs les Anciens combattants du Souvenir Français, 
Madame et Messieurs les porte-drapeaux,

Chères concitoyennes et chers concitoyens,

Il est indispensable que nous soyons rassemblés en ce jour du 8 mai. 
76 ans se sont écoulés depuis la libération de l’Europe du joug de l’occupant nazi et de ses forces supplétives. 
Et cette libération, nous la devons à l’union des Forces Françaises libres, aux combattants de la résistance, aux soldats des armées alliées et de l’armée d’Afrique. 

76 ans, cela peut paraître lointain mais c’était hier, la mémoire est vivante et les témoignages sont contemporains. La douleur est toujours palpable, les souvenirs sont encore douloureux. 

Nous avons célébré, comme chaque année, il y a quelques jours à peine, le dimanche 25 avril dernier, la « journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation. » Cette commémoration de la libération des camps nazis est marquée, à Colomiers, par un hommage à Juan-Pedro Serrano, au cimetière du Bassac. 
Et chaque année nous nous rappelons collectivement ce qu’a été l’insupportable barbarie nazie et son atrocité. 
Nous nous le rappelons pour que plus jamais de tels actes ignobles ne se reproduisent, sous quelque forme que ce soit. 

C’est donc ce 8 mai 1945 qui vit les foules en liesse descendre dans les rues, brandir les drapeaux de la République Française et courir à nouveau les enfants. C’est donc ce jour que les résistantes et les résistants ont été acclamés, que les Justes pouvaient lever le voile sur leurs actions de grand courage. 
La France devait se relever de cette terrible épreuve, dans un sentiment mêlé d’immense tristesse, pour avoir perdu une grande partie de sa jeunesse et de joie inhérente à toute libération d’un pays jusqu’alors sous le joug d’oppresseurs. 
La vérité sur l’un des plus importants génocides de l’histoire, en Europe et dans le Monde, éclatait au grand jour.
L’arrivée des libérateurs dans les camps nazis jetait à la face du Monde des images bouleversantes, insoutenables pour beaucoup, de ces corps décharnés, squelettiques, de ces charniers qui incarnaient la monstruosité des actions des nazis. 

Mais la vie se devait de reprendre son cours, et après ces années de guerre, après ces deuils innombrables à faire, la France se tournait à nouveau vers la lumière et une vie en paix.
Cette paix n’a pu être retrouvée que grâce au courage, à la témérité de nos résistantes et résistants, grâce à leurs sacrifices et jusqu’à la mort souvent. 

Ce sont ces engagements de démocratie et de paix qu’ont défendu vaillamment, au prix de leurs vies, nos concitoyens Messieurs Jambon et Verseille, le Capitaine Laurent décédé en service aérien commandé, ainsi que les anciens de Bréguet, victimes de l’occupation et Monsieur François LARIEU, mort en déportation. 

Ce matin, une délégation d’anciens combattants accompagnée par M. Arnaud Simion, mon 1er adjoint délégué notamment aux relations avec le monde combattant, ont fleuri les plaques et stèles rappelant leur souvenir.
Un hommage a aussi été rendu aux quatre aviateurs français qui ont péri sur notre sol communal, près d’ici, dans la propriété de la famille BEGNI-CALVET. 

Cette guerre a causé la mort de 55 millions de personnes parmi lesquels plus de 20 millions originaires de l’Union Soviétique. Ayons une pensée pour ces femmes et ces hommes victimes de la barbarie. 
Colomiers a vécu ces années de guerre dans la souffrance, la commune n’a pas été épargnée. Dès le 11 novembre 1942, nos châteaux, nos maisons et nos cités ouvrières ont été occupés par les Allemands. 

Notre devoir de mémoire est indispensable, opportun, il doit être exigeant et relayé dans nos écoles, dans nos associations. Nos valeurs républicaines sont fragiles mais elles sont nos piliers et nos remparts face aux extrémismes, aux atteintes portées encore de nos jours à notre vivre ensemble, aux discours emplis de haine et de discriminations.
Des témoignages nous sont encore apportés et les survivantes et survivants de cette tragédie continuent à nous rappeler que la bête immonde n’est pas morte…Et si la République est notre rempart, tout ce qui vise à l’atteindre doit être combattu. 

La transmission reste un socle pour notre République. C’est à ces fins que nous accueillons lors de chaque année scolaire, dans notre ville, Madame KOLINKA, survivante d’Auschwitz-Birkenau, qui, infatigable, parcourt la France à la rencontre de collégiens et lycéens. Elle est une passeuse de la mémoire de la Shoah
Nous devons encourager ces actions citoyennes car elles sont majeures dans la lutte contre l’oubli. 
Tous les écrits et témoignages participent aussi à cette mémoire collective, et celui-ci qui a retenu mon attention est le tout-dernier court métrage de Anthony Giacchino « Colette » récemment primé aux « Oscars 2021 » .

Colette, à 94 ans entame le chemin mémoriel, de la France à l’Allemagne, d’une jeune femme sur les traces de son frère, Jean-Pierre.
Colette, est un documentaire précieux et un poignant témoignage mais aussi l’histoire d’une transmission intergénérationnelle entre Colette, ancienne résistante nonagénaire, et Lucie, 17 ans, aspirante historienne et passionnée par la Seconde Guerre mondiale. Entre les deux femmes, une affection grandit qui leur permet d’affronter ensemble un pèlerinage au camp de concentration de Dora où les Allemands emprisonnaient des hommes pour fabriquer les missiles V2. Le frère aîné de Colette, ancien résistant lui aussi, y est mort d’épuisement à 19 ans, le 22 mars 1945.

Le devoir de mémoire prend ici tout son sens. 

Simone Jacob, mieux connue sous le nom de Simone Veil, en a fait son combat. Arrivée à Auschwitz en avec sa mère et sa sœur Madeleine en 1943, la jeune fille ne devient qu’un numéro : 78651
Survivante avec sa sœur, Simone Veil participe à la prise de conscience de la Shoah par les Français. Elle fait aussi entendre les témoignages des anciens déportés, jamais écoutés jusqu’alors, ou seulement très peu,. 
Elle se reconstruit au service de la République et pour le combat pour les femmes. Elle témoigne de son expérience des camps et après son retour à Paris, elle constate « Nous ne sommes jamais sortis de la shoah, nous vivons dans la shoah ». 

Encore aujourd’hui, l’actualité se fait l’écho d’actes criminels impunis, et je fais référence au jugement rendu par la Cour de cassation de l’affaire Sarah Halimi sous couvert de l’irresponsabilité pénale de son assassin.
Cette jeune femme, Lucie Attal qui a choisi, à l'âge de vingt ans, de rejoindre une communauté judaïque très pratiquante et d'adopter un prénom hébraïque : Sarah.
Cette jeune retraitée de 65 ans, à quelques jours de la Pâques juive, a déjà constitué la liste des courses pour préparer un festin pour ses enfants et petits-enfants. Son gendre retrouvera cette liste sur la table de la salle à manger, au lendemain de cette nuit funeste d’avril 2017 après avoir été rouée de coups et défenestrée par l’auteur de ce crime abject, poursuivi au départ pour meurtre antisémite. Non, nous ne nous résignerons pas face à une telle barbarie

Face à tant d’émois et de barbaries qui secouent encore nos sociétés nous devons être sensibles et à l’écoute. Nous devons être prudents face aux radicalismes, à l’intolérance, aux crises économiques et sociales que nous pouvons traverser, nous devons protéger nos valeurs républicaines, nous devons préserver nos actes de solidarité et d’entraide, nous devons veiller sur le bien vivre ensemble.
Ensemble, nous devons faire résistance. 
Ensemble, nous devons défendre la République. 

En commémorant aujourd’hui le souvenir de nos combattantes et combattants, soldats ou résistants, en commémorant le souvenir de leurs mères, épouses et compagnes, le souvenir de leurs enfants, des inconnus aussi qui sont morts pour notre liberté, nous célébrons le retour de la paix. 

Après une première guerre mondiale, puis une deuxième, après tant d’horreurs et de massacres, de familles anéanties et de jeunesses brisées, la France et l’Allemagne se sont réconciliées.
Réconciliées pour poser ensemble la première pierre de la construction de l’Europe, dont la première étape a été la déclaration historique de Robert Schuman, le 9 mai 1950, lors d’une conférence de presse au Quai d’Orsay, par laquelle il a appelé à mettre en commun les productions de charbon et d’acier de la France et de l’Allemagne, au sein d’une organisation ouverte aux autres pays d’Europe. La CECA allait naître le 18 avril 1951. 

De part et d’autre, l’établissement d’une paix durable était recherchée et aujourd’hui encore, après les nombreuses étapes de sa construction, l’Europe doit continuer à se développer dans cet objectif : garantir la paix aux peuples qui la composent et relever inlassablement le défi du retour à une paix durable, même si nous la savons fragile. 
Car, comme le disait Victor HUGO : « l’affirmation de la paix est le plus grand des combats ». Notre République est trop souvent attaquée, et nous devons continuer à combattre, sans relâche, toutes les formes d’extrémisme.

Le combat de ces hommes, leurs vies abîmées, cassées, fauchées, ont été le prix de notre liberté. 
Nous leur devons une reconnaissance infinie pour nous permettre aujourd’hui encore de vivre en démocratie. 
En leur mémoire, après la sonnerie aux morts nous observerons une minute de silence,  et entendrons notre hymne national « La Marseillaise ».

Je vous remercie."

Dernière mise à jour : 10/05/2021

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