Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation

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Message de Madame Karine Traval-Michelet, Maire de Colomiers et Vice-Présidente de Toulouse Métropole

Catégorie(s) : Événement institutionnel

Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation

Message de Madame Karine TRAVAL-MICHELET
Maire de Colomiers
Vice-Présidente de Toulouse Métropole

Dimanche 25 avril 2021

Dépôt de gerbes : « la Municipalité de Colomiers et les associations d’anciens combattants » 

  • 11h30 - cimetière du Bassac sur la stèle de Juan-Pedro SERRANO 
  • 12h - monument aux morts de toutes les guerres – place de l’Eglise 

"Chères Columérines, Chers Columérins,
Je m’adresse à vous, cette année encore, au nom de l’ensemble de la municipalité, par un message écrit, à l’occasion de la célébration de la Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la Déportation. Les mesures renforcées dues à l’épidémie de Covid-19 ne nous permettent pas de nous réunir alors que nous sommes si attachés, à Colomiers, à nos commémorations devant nos monuments aux morts et stèles. 

Toutefois, et malgré la crise, nous tenons à perpétuer à Colomiers notre devoir de mémoire et d’hommage à nos anciens combattants et aux victimes de toutes les guerres.

Chaque année, au cours de ce dernier dimanche du mois d’avril, nous rendons hommage, à Colomiers comme dans tout le territoire national, aux victimes et aux héros de la déportation. 

Je salue :
Monsieur Étienne GUYOT, Préfet de la région Occitanie, Préfet de la Haute-Garonne,
Madame Carole DELGA, Présidente de la Région Occitanie-Pyrénées Méditerranée, représentée par M. Philippe BRIANCON, Conseiller Régional,
Monsieur Georges MERIC, Président du Conseil Départemental de Haute-Garonne, représenté par Monsieur Arnaud SIMION, Vice-Président et Mme Camille POUPONNEAU, Conseillère Départementale,
Nos cher(e)s représentantes et représentants du Conseil Municipal des Jeunes qui sont fidèlement chaque année à nos côtés,
Messieurs les Anciens combattants de Colomiers ACAC,
Messieurs les Anciens combattants de la FNACA, 
Messieurs les Anciens combattants du Souvenir Français, 
Madame et Messieurs les porte-drapeaux,
Chères concitoyennes et chers concitoyens,

Encore aujourd’hui, il nous est si douloureux et révoltant que 6 millions de femmes et d’hommes aient été exterminés, pour ce qu’ils pensaient, pour ce qu’ils étaient… Résistants, partisans, des femmes et des hommes dont l’engagement était le sens de leur vie, des femmes et des hommes de religion juive, ou parce qu’ils étaient tziganes ou slaves, ou parce qu’ils étaient homosexuels, ou encore parce qu’ils étaient handicapés ou en raison de leur engagement politique. 
Toutes et tous ont payé un lourd tribu dans cette période inhumaine et barbare. 

Comment rendre hommage à toutes ces victimes, comment dénoncer encore aujourd’hui ces atrocités, comment faire en sorte que la mémoire ne s’affaiblisse ? 

Ici, à Colomiers, nous choisissons de rendre hommage, chaque année, au Cimetière du Bassac, à Juan-Pedro SERRANO, Républicain espagnol, rescapé du « train fantôme » et déporté à Dachau par un moment de recueillement et un dépôt de gerbe au nom de la municipalité et des associations d’anciens combattants de Colomiers.

Il faisait partie d’un des derniers convoi, avec plus de 700 déportés, parti de Toulouse le 3 juillet 1944 pour arriver à Dachau le 26 août après deux mois de cauchemar, tous entassés dans des wagons à bestiaux, avec sa cargaison de damnés.
Plus de la moitié n’a pas survécu à l’enfer des camps. 
A travers lui,  nous honorons la mémoire de toutes les victimes du nazisme. 

Nous avons une pensée pour l’un des nôtres, François LARIEU, Columérin, déporté à l’âge de 20 ans et qui ne revînt jamais sur sa terre columérine auprès des siens.

76 ans se sont écoulés, qui ne doivent pas nous éloigner de l’atrocité qu’ont subie ces 6 millions de femmes et d’hommes, exterminés. 

Grâce aux témoignages de rescapés, comme ceux de Juan-Pedro Serrano auprès de nos jeunes columérins qui n’aura de cesse, à son retour, de mettre des mots sur des maux et de témoigner de l’horreur en se donnant pour  mission de raconter, d’expliquer pour animer les enfants d’une soif de paix, nous ne les oublions pas. Grâce à ces survivants marqués à jamais par un terrible passé, grâce aux fondations et aux associations de mémoire, nous transmettons aux générations futures la mémoire de cette indicible barbarie. 
Nous avons chaque année une pensée pleine d’émotion pour toutes les victimes du nazisme et pour Juan Pedro Serrano. 

C’est pour poursuivre cette action éducative que nous accueillons lors de chaque année scolaire Madame Ginette KOLINKA, rescapée de la Shoah et du camp d’Auschwitz-Birkenau où elle fit la rencontre de Simone VEIL. 
A 94 ans, elle raconte durant des heures, elle ferme les yeux et revit son histoire, celle d’une jeune femme juive arrêtée par la Gestapo le 13 mars en 1944 à Avignon avec son père, son petit frère et son neveu qui seront exterminés.
Elle revit sa déportation, dans le convoi n° 71 aux côtés de Simone Veil, et puis, l’horreur au quotidien : l’humiliation, les coups, le froid, la faim, la nudité, les brimades, la puanteur, la crasse, la terreur, la honte, la destruction, l’inhumanité et la survie animale…. Nos collégiennes et collégiens columérins sont souvent bouleversés lors de ses récits, comment entendre l’insoutenable ? 

Rien ne semblait pouvoir arrêter la folie nazie. Des plus jeunes enfants aux femmes et aux hommes les plus âgés, toutes et tous étaient conduits dans les chambres à gaz des camps d’extermination ou assassinés par balles ou morts d’épuisement lors des travaux forcés, ou encore condamnés à la famine et à de terribles souffrances physiques et psychologiques.
Des hommes, des femmes, des enfants, raflés, enlevés à leurs familles, séparés, déchirés, pour être conduits dans des wagons à bestiaux vers les chambres à gaz. 
Nous devons toujours nous souvenir de ces périodes les plus terribles qui ont conduit entre 1939 et 1945 aux crimes les plus atroces perpétrés dans l’Histoire. 

Les rescapés des camps ne seront bientôt plus là pour témoigner. Il nous appartient aujourd’hui et il appartiendra aux jeunes générations de rappeler cette effroyable tragédie et de perpétuer cet indispensable devoir de mémoire. 

Avec beaucoup de dignité, Simone Veil par ces propos, illustre bien cette réflexion et action fondamentales : « Je n’aime pas l’expression devoir de mémoire, le seul devoir c’est d’enseigner et de transmettre » 
Se souvenir ensemble, oui, et ne pas oublier, cela passe surtout par la transmission à nos jeunes générations. 

Notre vigilance doit aussi être celle du présent, pour ne plus jamais connaître de telles horreurs. Souvenons-nous, aujourd’hui, comme demain, de ce génocide.
Par nos fonctions électives, éducatives, citoyennes, nous avons toutes et tous la responsabilité de faire vivre le souvenir, de sensibiliser les hommes et les femmes qui nous entourent et notre jeunesse, à la fragilité de la paix, aux incertitudes qui pèsent parfois sur notre République. 

Nous constatons encore que le monde, malgré ces périodes, continuent de traverser guerres et conflits, batailles et affrontements.  Les innocents et les plus fragiles en sont toujours et encore les premières victimes. Les routes du monde, les mers et les océans connaissent encore la dérive des peuples en exode, en recherche de refuge. 

Ce combat pour la dignité humaine, nous devons continuer à le mener au sein de l’Europe. Elle doit rester forte pour maintenir la paix au sein de ses frontières et unie face aux nouveaux défis qui s’élèvent.
Comme l’a écrit Simone Veil « C’est ici, où le mal absolu a été perpétré, que la volonté doit refaire surface pour un monde fraternel, un monde basé sur le respect de l’homme et sa dignité ».
L’Europe a été notre salut et de toute cette barbarie qui avait anéanti notre pays, sont nés l’espérance et le désir incommensurable de paix. 

Cette journée de commémoration témoigne de notre union pour la paix, de notre attachement à notre République et à notre démocratie. 
Contre toutes les formes d’exclusion,  nous serons rassemblés, 
Contre la haine, nous serons unis, 
Pour la Paix, nous serons debout. Toujours. 

Je vous remercie."
 

Message du ministère des Armées

Dernière mise à jour : 26/05/2021

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