Fête nationale du 14 juillet 2020

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Discours de Mme Karine Traval-Michelet, Maire de Colomiers

Catégorie(s) : Événement institutionnel

Dépôt de gerbes

Chaque année, le 14 juillet, Mme Karine Traval-Michelet, Maire de Colomiers, les élus, les anciens combattants, les membres du Conseil municipal des jeunes et les Columérines et Columérins se retrouvent pour célébrer la Fête nationale. En raison de la crise sanitaire, les traditionnelles célébrations n'ont pu se tenir : Mme Karine Traval-Michelet, Mme Martine Berry-Sévennes, Adjointe à Mme le Maire, M. Philippe Briançon, Adjoint à Mme le Maire et Conseiller régional, et M. Christophe Corbi, Adjoint à Mme le Maire, ainsi que les représentants des anciens combattants, ont procédé à un dépôt de gerbes, à 18 heures, au monument aux morts, place de l’église.

Discours de Mme le Maire

Mme Karine le Maire a malgré tout souhaité s'adresser aux Columérines et aux Columérins, en diffusant le discours ci-dessous de manière numérique et via la presse :

"Madame Carole Delga, Présidente de la Région Occitanie-Pyrénées Méditerranée, habituellement représentée par Monsieur Philippe Briançon, Conseiller régional,

Monsieur Georges Méric, Président du Conseil Départemental de Haute-Garonne, habituellement représenté par M. Arnaud Simion,

Vice-Président et Madame Camille Pouponneau, Conseillère départementale,

Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,

Messieurs les représentants des Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs les Présidents associatifs,

Mes chères concitoyennes, Mes chers concitoyens,

Je salue, bien sûr, les représentantes et les représentants du Conseil Municipal des Jeunes ainsi que leurs parents qui, par l’accompagnement, l’éducation, l’éveil à la citoyenneté qu’ils nous offrent bâtissent avec nous et pour nous le fondement des valeurs républicaines que nous perpétuons.

Vous le savez, le contexte sanitaire ne nous permet pas de nous réunir comme nous en avons l’habitude. L’épidémie de Covid-19 a frappé notre pays, comme tant d’autres dans le monde. Elle a provoqué le décès de nombre de nos compatriotes et endeuillé leurs familles.  Les malades et les personnes vulnérables ont traversé une période terrible. A chacune et chacun d’entre eux, j’adresse, en mon nom, celui de la municipalité et le vôtre, tout notre soutien. 

La crise sanitaire n’est pas encore terminée et dans le respect de la circulaire que nous a adressée Monsieur le Préfet de la Haute-Garonne, le 17 avril 2020, je m’adresse donc à vous, au nom de l’ensemble de toute la municipalité, dans ce périmètre encore restreint.

Malgré cette situation, et afin de perpétuer notre devoir de mémoire auprès du plus grand nombre de Columérines et Columérins, ce discours est diffusé sur nos supports de communication.

La mémoire de la nation est entretenue par la République.

Aussi, lorsqu’ensemble, nous commémorons la fête nationale, nous transmettons, génération après génération, la mémoire de la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 et  la fête de la Fédération le 14 juillet 1790.

Aujourd’hui, nous célébrons donc, en ce 14 juillet, notre Fête nationale de la République Française. Pour l’histoire, je vous rappelle qu’il aura tout de même fallu attendre la loi du 6 Juillet 1880 pour donner à cet événement symbolique de la prise de la prise de la Bastille, ce 14 juillet 1789, la grandeur qu’il mérite en l’instituant jour de Fête Nationale de la République.

L’histoire a souvent dû patienter pour voir se traduire en actes les attentes fortes du peuple.

Notre République, rappelons-le, n’a été proclamée que le 22 septembre 1792. Alors même que cette date est peu présente dans nos mémoires, il nous revient de la commémorer.

Je vous cite, à ce sujet, le Ministre de l’Intérieur d’alors, le Ministre girondin Jean-Marie Roland de la Platière, dans un extrait du discours qu’il a prononcé le 22 septembre 1792 devant la Convention : « Vous allez, messieurs, proclamer la République ; proclamez donc la fraternité ; ce n’est qu’une même chose. Hâtez-vous de publier le décret qui l’établit, faites-le parvenir dans toutes les municipalités de votre département ; annoncez le règne équitable, mais sévère de la loi. Nous étions accoutumés à admirer la vertu comme belle ; il faut que nous la pratiquions comme nécessaire ; notre condition devenant plus élevée, nos obligations sont aussi plus grandes et plus rigoureuses. Nous obtenons le bonheur, si nous sommes sages ; nous ne parviendrons à le goûter qu’à force d’épreuves et d’adversité, si nous ne savons le mériter. II n’est plus possible de le fixer parmi nous, je le répète, que par l’héroïsme du courage, de la justice et de la bonté ; c’est à ce prix que le met la République. »

Mais revenons-en à ce 14 juillet 1789. À ce jour de liesse qui, partout en France, a vu les comités des fêtes mobilisés pour organiser bals et feux d’artifice.

Cette année, à Colomiers, pour des raisons de sécurité sanitaire, notre Comité des fêtes n’a pu organiser le feu d’artifice dans les mêmes conditions que les années précédentes. Je tiens toutefois à le remercier très chaleureusement dans son ensemble pour avoir tout de même pu accompagner, aux côtés de la municipalité, la tenue de notre fête locale. Oui, à Colomiers, avec nos forains, nous fêtons le 14 juillet, cette date qui symbolise l’union fraternelle des citoyennes et des citoyens dans la liberté et l’égalité, illustrant notre devise.

Et c’est bien grâce à la Révolution que les fondements de notre République ont été bâtis, elle a dessiné les valeurs de notre devise inscrite sur le frontispice des mairies de France dont la nôtre : « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Nous n’oublions pas que le 14 juillet 1789 ouvrait la voie vers la République, mais nous n’oublions pas non plus qu’elle se déroulait dans une très dure période de notre histoire pour le peuple.

La disette, à Colomiers comme ailleurs, poussait les habitantes et les habitants à la révolte.

Je vous en dis quelques mots chaque année, et j’y reviens, Olympe de Gouges portait alors le flambeau d’une égalité qu’elle revendiquait entre les femmes et les hommes. Son combat est connu de toutes et tous grâce notamment à sa rédaction de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, le 5 septembre 1791 et bien sûr, par sa montée à l’échafaud. La Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne succédait ou répondait à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclamée le 26 août 1789 qui fixait de nouveaux principes : liberté, égalité des droits, propriété, souveraineté de la Nation.

La Révolution, les femmes et les hommes qui l’ont menée, leur refus de l’exploitation qu’ils subissaient, leur indignation face au mépris de la noblesse et leur insurrection contre les privilèges du clergé, les écrits et les textes de cette période, ont donc permis de construire les fondations de notre République. Elles ont été la séparation des églises et de l’Etat, l’enseignement public, laïque et obligatoire et aussi les prémices de nos représentations institutionnelles par l’instauration, notamment, de l’Assemblée constituante du 17 juin 1789.

Les conditions de vie du peuple étaient si rudes et les inégalités si criantes que la chute et la fin de l’Ancien Régime allaient devenir une réalité dans les jours suivants. En effet, alors que dans les campagnes de notre pays les pays redoutent un complot de la noblesse, ils saccagent et détruisent les châteaux. C’est cette période que l’on désigne par « la Grande peur ». Pour faire face à cette révolte, et pour tenter de se préserver, la noblesse et le clergé renoncent à leurs privilèges dans la nuit du 4 août 1789. C’est juridiquement la fin de l’Ancien Régime. 

Vous connaissez l’histoire, Louis XVI, après avoir été emprisonné aux Tuileries, sera guillotiné le 21 janvier 1793 et la Reine Marie-Antoinette sera à son tour guillotinée le 16 octobre 1793. Ce qui fit d’ailleurs la renommée de la chanson « il pleut, il pleut bergère » écrite en 1780 par Fabre d’Eglantine. Elle aurait été chantée au lendemain de la prise de la Bastille. La légende raconte que cette comptine était prémonitoire et qu’elle s’adressait à la Reine, l’invitant à se mettre à l’abri en lui annonçant l’arrivée de l’orage !

Que de combats à mener et de périodes à surmonter pour que nous puissions, aujourd’hui, vivre unis sous la bannière de la République. Elle est souvent attaquée, elle est souvent ébranlée, mais par nos forces rassemblées et notre si fort attachement à notre devise républicaine, elle est debout, pour nous, nos enfants et toutes les générations futures.

La Révolution française en est son origine, nous devons aux femmes et aux hommes qui se sont battus pour qu’elle naisse et grandisse avec nous, toute notre gratitude. Nous avons aussi, à cet instant, une pensée pour tous les combattants de toutes nos guerres, celle de 1914 à 1918, celle de 1939 à 1945, et aussi aux soldats de nos armées encore engagés dans des territoires étrangers. Nous avons une pensée pour eux, et aussi pour leurs familles.

Je vous invite maintenant à observer, chacune et chacun, une minute de silence. Les paroles de notre hymne national sont en cette fin de mon discours dans tous nos esprits.

Je vous remercie pour votre lecture."

Dernière mise à jour : 14/07/2020

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