Cérémonies du 11 novembre 2020

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Commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918

Discours de Mme Karine Traval-Michelet, Maire de Colomiers, Vice-Présidente de Toulouse Métropole

Madame Carole DELGA, Présidente de la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, représentée par Monsieur Philippe BRIANCON, Conseiller Régional et mon Adjoint aux Sports et à la vie associative,

Monsieur Georges MERIC, Président du Conseil Départemental de Haute-Garonne, représenté par Monsieur Arnaud SIMION, Vice-Président du Conseil Départemental et mon Premier Adjoint, délégué aux relations avec le monde combattant,

et Madame Camille POUPONNEAU, Conseillère Départementale,

Monsieur Christophe CORBI, Adjoint délégué, à la Sécurité, à la prévention et à la tranquillité publique

Messieurs les Présidents d’associations d’anciens combattants,

Monsieur Joël MIGNON, Président de l’ACAC,

Monsieur Jean TEULIERE, Président de la FNACA,

Commandant Francis LA HAYE, Président du Souvenir Français,

Madame et Messieurs les Porte-drapeaux,

Je salue les corps constitués qui participent chaque année, indéfectiblement, à nos commémorations, particulièrement les représentants de la Police nationale, du P.S.I.G, des Sapeurs-Pompiers du SDIS.

Je remercie aussinos jeunes Columérines et Columérins, membres du Conseil Municipal Jeune de Colomiers, qui par leur attachement à nos cérémonies font la fierté de notre commune,

Mesdames et Messieurs,

En ce 11 novembre 2020, nous commémorons l’Armistice mettant fin à la Première Guerre Mondiale avec une émotion particulière. Le contexte sanitaire est tel que nous ne pouvons pas nous rassembler et nous recueillir de la même façon que les années précédentes. Toutefois, il nous appartient de poursuivre le travail de mémoire et de nous rappeler les ravages que les guerres engendrent.

Les guerres, les actes de violence, frappent encore de nombreux pays dans le monde. Notre pays n’y échappe pas, frappé en son cœur par les récents actes odieux de terrorisme qui ont ôté la vie à plusieurs de nos compatriotes, par les assassinats abjects, à Conflans-Sainte-Honorine du professeur de l’école de la République, Monsieur Samuel PATY, et à Nice de Madame Simone BARRETO SILVA, de Madame Nadine DEVILLERS, de Monsieur Vincent LOQUÉS. Ayons une nouvelle pensée pour leurs familles et leurs proches, nous ne les oublierons pas.

Aucun mot n’est assez fort pour condamner ces actes de barbarie, qu’ils soient perpétrés à Conflans-Sainte-Honorine, à Nice, à Kaboul, à Vienne. Au pays des Lumières, le ciel s’assombrit et nous ne pouvons pas l’accepter.

Cette paix que nous commémorons aujourd’hui en mémoire des Columérin.es qui ont sacrifié leurs vies pour nous permettre de vivre en démocratie, au sein de la République est doncbien plus qu’un hommage. Notre devoir envers nos aïeux mais surtout envers nos enfants, nos petits-enfants et toutes les générations futures est de préserver cette paix. Face aux attaquesterroristes et à l’augmentation des inégalités sous l’effet d’une crise économique et sanitaire sans précédent, nous devons protégerla République pour qu’elle tienneses promesses et cultive la tolérance. Nous avons la responsabilité de tout mettre en œuvre pour transmettre aux générations futures une société pacifiée, empreinte de bienveillance et de fraternité. L’Histoire ne s’oublie pas.

Nos concitoyen.nes sont fidèles à cet anniversaire. J’ai une pensée émue pour nos jeunes Columérines et Columérins ainsi que pour leurs enseignant.es qui chaque année sont présents à nos côtés et contribuent largement au travail de mémoire par l’étude et la lecture de témoignages. L’école est le sanctuaire de la connaissance, de la mémoire et de la pensée libre. Je renouvelle tout mon soutien et mes remerciements à la communauté éducative pour le travail qu’elle fournit quotidiennement auprès de nos enfants. Son rôle est essentiel, car comme l’écrivait Marc BLOCH, Historien, Ancien combattant de la première guerre et de la deuxième guerre mondiale, et membre de la Résistance : « L’incompréhension du présent nait fatalement de l’ignorance du passé. Mais il n’est peut-être pas moins vain de s’épuiser à comprendre le passé, si l’on ne sait rien du présent ».

Cette commémoration est doncune fois de plus l’occasion de rappeler les faits historiques qui entourent cette date anniversaire et de les inscrire dans le temps présent.

Le 11 novembre 1918, les soldats déposent les armes. La guerre est terminée, la paix est retrouvée. Pourtant, rien ne sera plus jamais comme avant. Après quatre années de combats, de souffrances, de déchirements, le cessez-le-feu est ordonné, les armes finissent par se taire. Après quatre années de combats, le bilan est lourd. La Grande Guerre a fait 21 millions de morts, 1 400 000 soldats français ont perdu la vie, 59 Columérins ne reviendront pas. Les survivants sont mutilés, traumatisés, marqués à vie par la barbarie.

Chaque année, je rappelle à chacun.e de nous les conditions de vie extrêmement difficiles de nos soldats dans les tranchées et le courage dont les soldats ont fait preuve afin de défendre notre pays.

Cette année, je souhaite porter notre souvenir surl’aide descivils, hommes, femmes, enfants auprès dessoldats.

Dès 1914, les civils travaillent durement dans les champs et les usines. L’économie française se transforme en économie de guerre. Les femmes deviennent ouvrières, cheffes de foyers, infirmières. Des Columérines viennent grossir les rangs de la Cartoucherie de Toulouse et contribuent à la fabrication d’obus. Elles participent pleinement à l’effort de guerre et permettent à la société de continuer à fonctionner.

Les enfants sont contraints de grandir plus rapidement. Louis Cros, haut fonctionnaire et collaborateur notamment de Jean ZAY, âgé de 8 ans en 1914 raconte : « J’avais des vaches à soigner, et mon frère avait cinq ans, ma sœur deux ans, et ma mère, et personne pour travailler. Je menais la charrue pour semer les pommes de terre, j’avais huit ans. Je mettais la charrue sur l’épaule pour tourner au bout… ». Son témoignage relate la vie quotidienne de nombreux enfants qui durant quatre années sont mobilisés pour cultiver les terres en friche et nourrir le pays.

Moralement, l’attente et le manque d’information est une immense douleur. L’angoisse de ne jamais revoir leurs enfants, leurs maris, leurs pères est insoutenable.

Au cours des années, les marraines de guerre jouent un rôle de soutien affectif majeur en entretenant des correspondances épistolaires avec les soldats. Les infirmières sont réquisitionnées pour servir dans les hôpitaux et sur le front. Des civils s’engagent dans les services de santé et cherchent à apporter leur aide.

Si les « poilus » paient le prix de leurs vies, les civils ne sont pas épargnés par les traumatismes de la guerre.  

Cette solidarité et cette fraternité résonnent aujourd’hui encore. Alors que notre pays comme tant d’autres dans le monde fait face à une épidémie retentissante, la mobilisation de nos soignant.es, de nos services publics, des citoyen.nes est intacte et exemplaire. Les contextes et les crises évoluent mais notre dévouement doit rester entier. Nous avons besoin les uns des autres.

À cet instant, je remercie à nouveau les Columérines et les Columérins qui se sont mobilisés ces derniers mois et qui nous ont soutenus dans les distributions de masques à la sortie du confinement. Cet élan de solidarité, il est ancré à Colomiers et je sais pouvoir compter sur vous.  

Nous allons à présent honorer la mémoire des 59 victimes columérines en citant leur nom : BRESSOLES Jean, ARQUÉ Germain, SALETTES Jean, LACROIX Louis, GAZAGNES André, AURIOL François, CHAUMETON Louis Auguste, PRATVIEL Louis Ernest,  GALLIEGUE Henri, RHODES Pau, AZEMA Jacques, MENGINOU Gabriel, MANELPHE Philippe, DUFOUR Jean-Baptiste, ROUJA Pierre, SAGANSAN Adrien, ROUJA Jean-Marie, ESQUIROL Antonin, MENVILLE Bertrand, PUGIBET Paul, LAVIGNE Guillaume, TUBAN Marius, MARTY Jean, DE MARTINENG Joseph, BERGÉ Arnaud Marius, BLÈS Ernest, CASSE Jean, COUSSIE Georges, BERGÉ Pierre, FOUET Jean, ESCOUBOUÉ François, LABEDAN Jean, BABY Paul,  PREVOST Jean, RIVES Sylvain, VIÉ Jean, DEJEAN Jean-Marie, BRUN Jean-Marc, ESPARCEIL Ludovic, DOUSTENS Emile, DURTAUT André, SAUBRY Jean-Pierre, LAFFONT Honoré Roger, COULOM François, BORDES Raymond, DAUNIC Joseph (Abbé), CASSAGNE Louis, VIGNÈRES Jean-François, DUFAUR de CITRES, MARRAUD Pierre, SAINT-GERMIER Bernard, CŒURVEILLE Théophile, SARTRE Jean, PELLISSIER Edmond, DUCHANPS Adrien, SAINT-GERMIER François, TRÉBOS Antonin, DUPRÉ Jules, DEGEILH François, BOURREL François

« Tous morts pour la France »

Dernière mise à jour : 19/11/2020

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