Cérémonies du 11 novembre 2021

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Commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918

Discours de Mme Karine Traval-Michelet, Maire de Colomiers, Vice-Présidente de Toulouse Métropole

Cérémonie du jeudi 11 novembre 2021

Madame Carole DELGA, Présidente de la Région Occitanie, représentée par Monsieur Philippe BRIANCON, Conseiller Régional,

Monsieur Georges MERIC, Président du Conseil Départemental de Haute-Garonne, représenté par Monsieur Arnaud SIMION, Vice-Président du Conseil Départemental et mon Premier Adjoint, délégué aux relations avec le monde combattant,

Monsieur Christophe CORBI, adjoint délégué,

Messieurs les Présidents d’associations d’anciens combattants,

Monsieur Jules PATERNI, Président de l’ACAC,

Monsieur Jean TEULIERE, Président de la FNACA,

Commandant Francis LA HAYE, Président du Souvenir Français,

Sans oublier :

Madame la Commandante de la Police Nationale (ou son représentant)

Monsieur le Chef de Brigade de la Gendarmerie du P.S.I.G (ou son représentant)

Monsieur le Chef de Corps des Sapeurs-Pompiers du S.D.I.S accompagné de la délégation des jeunes sapeurs-pompiers de Colomiers

Et bien sûr nos jeunes Columérines et Columérins, membres du Conseil Municipal des Jeunes de Colomiers,

 

"Mesdames et Messieurs,

L’histoire retient que c’est le 7 novembre 1918 que le Caporal Sellier sonne le premier cessez le feu qui met fin au premier conflit mondial. De tranchée en tranchée, retentissent alors des milliers de clairons annonçant à tous ces soldats épuisés et meurtris par de terribles affrontements, l’arrêt des combats.

Quatre jours plus tard, le 11 novembre, à 11 heures, sonnent à la volée les cloches de toutes les églises de France. L’armistice, qui scelle la fin de la guerre vient d’être signée dans un wagon situé dans une clairière de la forêt de Rethondes.

Cette guerre contre l’Allemagne, dont beaucoup pensaient dans l’euphorie de la mobilisation générale proclamée le 1er août 1914 qu’elle serait l’affaire de quelques semaines, aura duré plus de 1 500 jours !

Le bilan humain est terrible, sans commune mesure avec les conflits antérieurs.

Soixante-cinq millions d’hommes mobilisés dans le monde entier, dix millions de morts dont un million quatre cent mille soldats français, vingt-trois millions de blessés, quatre millions de veuves et huit millions d’orphelins.

Parmi les victimes combattantes, 59 Columérins, fauchés pour beaucoup dans la fleur de l’âge.

Les populations civiles n’ont pas été épargnées, une dizaine de millions de civils ont en effet perdu la vie, parmi lesquels on déplore plus de 500 000 de nos compatriotes.

C’est dire si cette sonnerie du Caporal Sellier était attendue dans toutes les familles de France endeuillées par la perte d’un proche, et laissant un parent, un ami, un fils, une fille un père, disparu à jamais.

Ecoutons Maurice Genevoix, jeune lieutenant en 1914, mobilisé à l’âge de vingt-quatre ans et grièvement blessé en avril 1915 sur la côte des Eparges, un village de La Meuse. Ce porte-plume de la Grande guerre et porte-voix d’une génération décimée ajoutait : « Quand on a été dans sa jeunesse en combat quotidien avec la mort, on a compris avec ses viscères que la vie est une chose merveilleuse ». Une phrase saisissante que nous pouvons toujours méditer aujourd’hui. En entrant au Panthéon l’an dernier, l’illustre écrivain deviendra le porte-étendard de tous les poilus.

Pour marquer la fin de cette guerre, et rendre hommage à ceux qui ont combattu et payé de leur vie pour défendre la patrie, le gouvernement français décide en 1922 que le 11 novembre sera érigé au rang des commémorations nationales.

Dès lors, le 11 novembre devenait jour férié et la loi du 28 février 2012 élargit la portée de cette commémoration à l’ensemble des soldats morts pour la France.  

En ce jour anniversaire où la patrie honore ses enfants tombés au combat, je tiens aussi à m’adresser aux jeunes générations représentées par le Conseil municipal des jeunes, qui assistent à cette cérémonie. Je veux leur dire que chaque commémoration participe à la transmission du devoir de mémoire qui nous incite à tirer du passé de précieux enseignements et nous aident à surmonter les épreuves les plus douloureuses, en préparant l’avènement d’un monde meilleur. Comme le déclarait Clémenceau : « Il reste aux vivants à parachever l’œuvre magnifique des morts ».

Mesdames et messieurs,

Je voulais aussi rappeler ce matin, qu’à l’heure où certains se complaisent à flatter les plus bas instincts du genre humain - l’égoïsme, la xénophobie, la haine de la différence, le repli sur soi – , je voulais rappeler la dette de sang que notre pays doit à tous les combattants venus des quatre coins du monde pour défendre notre sol et notre patrie.

Ces zouaves, ces chasseurs d’Afrique, ces spahis, ces tirailleurs sénégalais, algériens, marocains et tunisiens, ils s’appelaient Ouédraogo, Traore, Ouattara, Belkacem ou Harbi.  Aux côtés des appelés de métropole, ce sont entre 400 et 500 000 soldats africains, dont 172 000 Algériens, 100 000 Tunisiens et Marocains ou encore 40 000 Malgaches qui ont été engagées à la fois sur le front de France, aux Dardanelles et sur le front d’Orient (les Balkans), auxquels s’ajoutent les troupes d’Asie, particulièrement d’Indochine, qui ont également pris part aux combats.

Souvenons-nous également des corps expéditionnaires envoyés par nos alliés britanniques venus combattre sur notre sol de France : maoris de Nouvelle Zélande, australiens, sud-africains, indiens…

Ces combattants venus d’ailleurs, c’étaient les frères des poilus de nos villages. Ils ont enduré les mêmes souffrances, ont fait preuve du même courage, témoigné de la même solidarité, de la même fraternité d’armes qui lie tous ceux ayant connu l’épreuve du feu.

A ces combattants des tranchées, il faut aussi ajouter les milliers de bras qui ont contribué à l’effort de guerre dans les usines. Durant quatre ans, l’Afrique du Nord va envoyer 180 000 travailleurs dans l’Hexagone, dont beaucoup vont rester sur place après la fin des hostilités. 100 000 Algériens et 40 000 Marocains ont été envoyés en métropole, essentiellement dans les grandes villes comme Paris, Marseille, Lyon et Saint-Etienne, mais aussi quelquefois dans les campagnes, afin de remplacer la main-d’œuvre masculine partie au front. 49 000 Vietnamiens, majoritairement originaires du Tonkin et de l’Annam furent également embauchés comme travailleurs sous régime militaire de 1916 à 1919.

Tous ces soldats, tous ces ouvriers, d’aucuns trouveraient aujourd’hui qu’ils n’avaient pas de prénoms suffisamment français pour mériter notre reconnaissance. Pourtant, je veux qu’ils sachent, et que leurs descendants sachent, que nous ne les oublions pas et qu’ils méritent, aussi, aujourd’hui, notre hommage.

Mesdames et messieurs,

103 ans après l’armistice de 1918, que nous reste-t-il du premier conflit mondial ?

Ce conflit a profondément marqué la conscience de notre continent, et celle des deux principaux pays belligérants, la France et l’Allemagne.

Petit à petit, avec d’autres états de l’Europe occidentale, la conscience d’appartenir à un même continent, d’avoir des valeurs communes, a cependant fini par prendre le dessus.

Ces valeurs, la dignité humaine, le respect des libertés de croyance et d’opinion, la recherche du progrès, nous devons les affirmer haut et fort et les défendre ensemble.

Si notre passé commun a déchiré l’Europe, il a également contribué à la souder autour d’une communauté de destin. Gardons en tête cette leçon pour l’avenir que nous avons à construire.

Si nous nous retrouvons ici pour rendre hommage à tous ceux qui ont participé au combat, 103 ans après la fin de la première guerre mondiale, alors que la mémoire des derniers combattants vivants s’est éteinte, c’est pour que nos enfants ne soient pas infirmes de leur passé.

Dans notre belle devise nationale, il y a le mot « fraternité », et pour être frères, il faut au moins un père ou une mère commune. Cette mère commune, c’est la République, et peu importe qu’elle soit une mère de sang ou une mère adoptive, elle est celle qui nous unit par le cœur et par l’esprit, par la volonté d’être fidèles à nos valeurs. 

Ceux de 14 avaient l’ambition que leur guerre soit la « der des der ». Puissent nos jeunes générations s’efforcer de réaliser cette espérance de paix et de liberté. Qu’elles n’oublient jamais que nous vivons en paix grâce aux sacrifices de celles et ceux qui ont combattu ou qui combattent toujours pour que vive la France. Vous tous ici présents ce matin, vous êtes les porteurs de ce message. Il vous appartient dorénavant de le transmettre. C’est à nos morts que nous le devons."

Karine Traval-Michelet
Maire de Colomiers

Dernière mise à jour : 16/11/2021

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